9 mai 2016

Gaufres liégeoises

Tu croyais que je n'allais plus pondre que des articles où je râle, où je me plains de cette put********** (oui tout ça) de grippe qui nous a bien tenu en haleine (de chacal) 4 looongues semaines, mais qui a eu le bon goût de m'épargner, moi, pour que je puisse jouer les Dr House, la canne en moins, l'humour en ... moins, auprès de ma populace décimée, durant 4 looongues semaines. Tu pensais que ce blog allait virer mémère à son caniche (je hais les caniches, pardon Brigitte), entre couture à fleurs et petite laine.

Que nenni mon poulet. Je m'appelle pas Kitchen pour rien (oui, Kitchen c'est mon nom de famille, tu savais pas ?). Chez les Kiteucheune, on fait la cuisine bordayl (enfin JE fais la popote, et ILS bouffent hein). Et comme j'avais promis une recette de gaufres liégeoises à la fin de mon dernier billet, pour les 2 du fond qui suivent et qui attendent depuis le 1er mai en rafraichissant leur écran toutes les 5 minutes, c'est bon les gars, on se détend de la souris, la recette est JUSTE ICI.

Oh punaise oh punaise

Concentrons-nous un instant (j'ai une journée de boulot dans les papattes, je ne sais pas si ça se voit que je suis limite fatiguée là).

La recette est merveilleuse, je l'ai dénichée sans gloire aucune sur le Journal des Femmes qui le tient lui même du blog Gourmandelise, si je ne m'abuse. Elle nécessite un peu de temps de repos, donc contrairement à mes recettes habituelles on ne fait pas ça à 15h55 si on veut goûter à 16h. 
Compte 1h30 de préparation + repos avant la cuisson finale.

LES INGRÉDIENTS (pour 20 gaufres) :
  • 375 g de farine
  • 22 cl de lait tiède
  • 1 sachet de levure de boulanger déshydratée
  • 2 œufs
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 150 g de beurre doux
  • 100 g de sucre en gros grains
  • 1 pincée de sel

EN CUISINE !

La préparation se fait en 3 étapes : on fait un pâton qu'on laisse lever, on y ajoute le beurre et le sucre et on laisse pousser un peu encore, et on cuit.

Allez zou, étape 1 : dans un saladier, on mélange farine, sucre vanillé et sel, et on fait un puits. On dilue la levure de boulanger dans le lait tiède (attention, pas trop chaud sinon couic la levure), et on verse dans le puits. On touille à la spatule jusqu'à ce que l'on obtienne un pâte homogène et assez compacte. On couvre d'un torchon propre et on laisse reposer ce petit monde dans un endroit tempéré 30 à 45 minutes. Pendant ce temps, on va se mater le dernier épisode de Game of Thrones (et on ne spoile pas les copains sur FB putain.)


... après la 1ère levée

Étape 2 : étape grassouillo-délicate où il faut ajouter progressivement le beurre fondu, puis le sucre en grains (pas de pub mais c'est celui que j'ai utilisé) ou sucre perlé.
Grassouillo-délicate car je n'arrivais pas à mélanger à la cuillère, et j'ai dû y foutre les mains. Je vous passe la sensation fort ... étrange (hum). En tous cas j'ai les paluches hydratées jusqu'à l’hiver prochain les mecs.
On laisse encore reposer une vingtaine de minutes.

Le jaune là, c'est le beurre (=le MAL)

Étape 3 : la cuisson. On dépose une boule de pâte (une grosse cuillère à soupe) sur chaque empreinte du gaufrier bien chaud. On rajoute une petite pincée de grains de sucre sur chaque boule, on ferme et on attend (c'est dur, je sais). Avec mon gaufrier, la cuisson prend environ 2 minutes. Il faut vérifier pour les premières, elles doivent être joliment dorées.



Il n'est rien besoin de rajouter sur ces petites merveilles (hop hop hop, range ton pot de NutNut toi là-bas), elles sont croustillantes, fondantes avec ce délicieux petit goût de caramel ... Bonheur sur tes papilles et beurre sur tes hanches, c'est cadeau !



1 mai 2016

En avril, n'oublie pas de recharger les piles.

Rhooo. Un mois sans faire un tour par ici. C'est que le temps manque, ma bonne dame. Pas l'envie, pourtant. Mais les journées ne font que 24h (trop nul, comme diraient mes filles) et à défaut d'être Shiva et ses (combien de bras ?), j'ai 10.000 projets et ... 3 enfants.
Bref, le temps file comme ma laine, et je dois essayer de me canaliser un peu pour ne pas pas être frustrée de tout commencer sans jamais rien finir.

Le mois d'avril a été plus que bien rempli, agenda overbooké. 

Le boulot, déjà, avec une reprise en douceur le 17 mars et il faut bien s'y remettre, mentalement et physiquement. J'ai au moins le bonheur d'avoir le cul vissé sur une chaise 8h par jour, ce qui ne m'était pas arrivé depuis ... depuis que j'avais quitté le travail pour partir baleiner tranquillou. Il y a un an donc. Le réveil qui sonne de nouveau à 6h ne m'avait lui pas exactement manqué, de même que mes 25 correspondances tram - tram - bus - pied pour parcourir les 10 kms me séparant de mon lieu de villégiature travail.

Et puis le boulot, c'est bien joli, mais fini de buller, les vacances de printemps sont arrivées. Oui, il ne faut plus dire "de Pâques", les vacances, même si on s'est bien goinfrés de chocolat et qu'on en a encore au coin du bec. On dit "de Printemps" même si la température avoisinant les 5 degrés ne nous incite franchement pas à nous découvrir d'un fil (ni d'un poil, ça tient chaud aux pattes.) et qu'on se verrait bien sirotant un Green Chaud dans un troquet à la cime des pistes.

Les voilà donc, les vacances. Des jours de congés à solder et pouf, on se retrouve à la maison pour une quinzaine comme si on n'en était jamais partie. Chouette, on va pouvoir se reposer (HAHAHA. Erreur de débutante nullipare.) Sauf que je n'avais pas prévu la double otite de la Grande le vendredi des vacances. Ni la grippe de Crapouille le vendredi suivant. Ni la grippe doublée d'une conjonctivite ascendant borgne de la Grande le vendredi de la fin qui m'a valu prolongation de cette quinzaine trop peinarde pour une semaine supplémentaire de garde-malade. Ni la grippe de ma petite Désirée + dent qui sort, en double combo avec son papa ce vendredi (oui, pouf, le temps file, de microbes en miasmes 3 semaines se sont écoulées - ainsi que des litres de morve et de larmes, slurp). 

Je n'avais pas prévu mais tant pis, on ne peut pas tout prévoir, oh non, la vie te le renvoie parfois dans la tronche et ça ne se limite ni à la grippe ni à une double otite. Alors on a fait dans l'imprévu, nous aussi. On a pris nos clic, nos clac, et 15 valises parce qu'on a un bébé et on est partis trouver un air moins vicié près de la Méditerranée. On a glissé nos pieds dans le sable si doux, glacé nos orteils dans la mer, plongé dans la piscine à bulles qui sentait bon le chlore. Désirée a voulu manger du sable, la Grande a sauté sauté sauté dans les structures gonflables et s'est faite des copains, youhou, Crapouille entre 2 accès de fièvre a ramassé 12.375 coquillages minuscules pour sa maîtresse qui allait revenir de 4 mois d'absence. J'ai bouquiné "Le liseur du 6h27" et c'était un pur moment de bonheur, la finesse de la plume, l'émotion et l'humour. On a bullé, vu des bateaux et de fesses de canard. On s'est dit que 3 jours c'était court, mais c'était bien.

Regarder les poissons

Et les bateaux !


Thé + livre = bonheur

Entre temps il y a eu l'anniversaire de Crapouille qui, selon le calendrier, a eu 5 ans mais moi, je pense plutôt qu'elle est née hier. Elle a passé commande de son repas de fête : cordons-bleus maison, purée maison, gâteau ... maison oui, aux pommes et aux noix ; et de ses cadeaux : une Imagerie de la Préhistoire et des Dinosaures, un livre de la Petite Sirène et un cadeau maison (c'est une obsession), une souris crochetée que tu peux voir en photos plus bas. Accessoirement, elle nous a récemment démontré ses talents en apprentissage autonome de la lecture, genre "t'as vu Maman je sais lire". Et merde, c'est vrai en plus. Voilà, un zèbre de plus dans notre zoo.

Bref, Avril file. Depuis bientôt 4 semaines, je résiste et survis et jongle admirablement de Doliprout en Stérimerde, je remplis ma carte de fidélité chez le médecin, je console, cajole, cours à  l'école récupérer le travail du jour de la Grande qui bien évidemment va se taper 2h de devoirs à rattraper puisqu'elle a 40 de fièvre et trop trop la patate, je râle parce que j'en ai marre, je ris parce qu'il le faut bien, j’organise des Birthday Party avec les copines de Crapouille, je mouche et mets des gouttes dans les yeux, je cours à l'école encore, j'essuie de la gerbe devant le portail, et je m'occupe pour moi, aussi, un peu, pour ne pas virer dingo.

J'ai pris le temps de ressortir la machine à coudre et de m'entraîner :

Protège-carnet - tuto L'étoile de coton
Jupe élastiquée - tuto ici
Trousse Chouette Kit
Après avoir crocheté une jolie souris pour les 5 ans de Crapouille (modèle issu du livre Tendre Crochet 2), une baleine, des bricoles pour nous et les jolies commandes des copines :

La jolie souris de Tournicote

Molly la Baleine issue du livre de Virginie Karakus

Sous-tasse African Flower

Châles de princesse
Porte-clé chouette - commande personnalisée de Patricia
Porte-clé African Flower - commande perso n°2 de Patricia
Renard joli inspiré de celui-ci - commande personnalisée de Céline
Et le snood commandé par Céline également

J'ai pris le temps d'attaquer un nouveau projet au crochet, le #projetrainbowblanket dont vous pouvez suivre l'avancement (dont la vitesse est équivalente à celle d'une tortue sous anxiolytique) sur Instagram.

Les débuts de la couverture ...
Même Désirée avance plus vite
J'ai commencé une petite collection de porte-clés qui fera l'objet d'une mini-vente pour la fête des Mamans, rendez-vous sur la page FB et sur IG pour suivre l'événement, oui , n'ayons pas peur des mots. Je compte bien évidemment sur votre soutien indéfectible pour dépenser une petite fortune à gâter vos mamans ou votre pomme et partager tout ça par chez vous. Vous pouvez aussi me contacter par mail pour toute info, ou commande personnalisée ! Cliquez sur la petite enveloppe, en haut à droite et je me ferai un plaisir de vous répondre :)

Pas très équilibré ce menu ! Porte-clés Pastèque - 5 €

Porte-clé Ice Cream - 5 €

Porte-clé Muffin Framboise - 5 €

Allez, je file, m'occuper de mes malades et tester pour vous une merveilleuse recette de GAUFRES LIEGEOISES DE OUF. Je peux déjà vous dire que ça soigne n'importe quelle grippe le temps d'un goûter. Recette coming sooooon : stay tuned !!!

A plus les p'tits poulets !

23 mars 2016

Périscolaire, grosse colère

Je pose ça là, comme ça, parce que j'en ai gros sur la patate. 

Déjà, salut à toi, gentil lecteur, à qui je ne fais l'honneur de passer dire coucou qu'une fois par mois. Mais tu sais, la fin du congé mat, la reprise du travail, tout ça ... C'est pas la méga forme, tu vois. Heureusement que les collègues sont choux et qu'il y a toujours de quoi bouffer dans mon service. Heureusement aussi qu'on y cause de la Bretagne, ça me fera patienter jusqu'à cet été.

Revenons à nos chèvres, parce que c'est bien le cas de le dire. Depuis que la réforme a été mise en place, comme chez tout le monde, c'est la fin de l'école à 15h45, c'est la fête pour lever les filles le mercredi, c'est la grosse pêche à 18h quand mon Crapaud commence à dormir debout ou couchée sur le parquet, c'est la bonne humeur de dogue des enfants claqués qui se mettent sur la courge pour un oui ou pour un non, pour un Playmo qu'on ne veut pas prêter, pour une tour en Kapla sur laquelle on a trébuché, pour tout, pour rien surtout.
La gentille réforme a transformé mes gosses en zombies relous ("regarde Maman, là j'ai dessiné un zombie, j'adore ça moi dessiner des zombies" - où est-ce que j'ai foutu le numéro du pédopsy moi ?) virant aux loups-garou baveux à partir de bien trop tôt.

De toute façon, on a déjà tout dit sur le sujet, les grands érudits ayant pondu (voire chié mais version constipée alors) ce truc doivent avoir des acouphènes à force de sifflements dans leurs esgourdes.

A force de bouquiner Flow et de lire des romans feel-good, j'ai voulu chercher du positif à tout ça, des fleurs, des paillettes, des licornes, des licornes qui vomissent des fleurs à paillettes ou des paillettes à fleurs. Et là, BON SANG MAIS C'EST BIEN SUR, les ateliers périscolaires !!! Ces ateliers culturels, sportifs, destinés à éveiller l'enfant, le divertir, lui apprendre, le faire basculer dans un autre monde, tu vois.

Je ne sais pas où on a basculé, chez nous. Une chose est sûre : j'y ai toujours pas croisé de licorne (blurp). Haaaa, sur le papier, c'est joli, ça vend du rêve et des arcs-en-ciel. Atelier créatif, au 1er trimestre. Putain, génial, je voyais déjà mes filles revenir avec moult grues en origami, fleurs en quilting, dessous de verre en perles à repasser. Je me voyais presque aller leur filer un cours de crochet ou leur apprendre à fabriquer des boules de Noël en pompons.
Et je suis allée chercher ma grande de 7 ans 1/2 à son atelier. Des feuilles de récup, des ciseaux, des feutres. "Tu as fait quoi ma chérie ?" "J'ai fabriqué une enveloppe !" Wouhou. "Et il nous faudrait des rouleaux de papier toilette pour la prochaine fois !". Re-wouhou. 
La semaine suivante, me fille m'a annoncé que l'atelier avait été annulé par la responsable elle-même, "parce qu'on était trop excités Maman alors elle a décidé qu'elle ne voulait pas nous surveiller." 
On a continué comme ça, mon frigo a hérité de 10 enveloppes et 12 dessins coeur-coeur-love et on n'a jamais vu la couleur du pot à crayons en PQ. 

Trimestre 2, nouveaux ateliers : théâtre et cirque pour ma grande. Canon, me suis-je dit dans ma grande naïveté ! Je la voyais déjà me déclamer du Molière sur une jambe en jonglant avec des massues en feu. Que nenni, pauvre folle ! Point de prof de théâtre, juste un sympathique animateur polyvalent et, pardon, avec un français approximatif. Point de contortionniste chinoise ou de dresseur de fauves (quoique ??), mais la prof de sport qui a fini par leur faire faire du hand-ball au bout de 3 semaines.
Et quand je m'étonne de ce que l'atelier n'a pas eu lieu aujourd'hui, ma fille me répond tout bêtement "ben on a dit qu'on avait pas envie de faire théâtre, alors il nous a envoyé jouer dans la cour." 
Ah mais oui, pardon. L'enfant-roi. L'enfant tout-puissant. L'enfant qui décide. L'enfant à qui l'on apprend que rien n'est obligatoire, que l'engagement c'est pour les nazes, qu'on n'a pas besoin d'assumer ses choix et de respecter les règles. Cet enfant que tu galères ensuite à cadrer à la maison puisqu'on ne l'oblige à rien ailleurs. Vilain parent.

Voilà les bienfaits du périscolaire par chez nous. Une gestion minable voire inexistante, un simulacre d'activités pour faire taire les parents, de pauvres employés de mairie recrutés au petit bonheur la chance, d'une incompétence rare et d'une absence d'implication sans limite.

Cette irresponsabilité a failli mener à un drame, dans notre école. Pas plus tard qu'hier. Où j'apprends que ma fille, ma toute petite de pas 5 ans, mon bébé encore, joue pendant le temps périscolaire et donc sous surveillance des fameuses employées de mairie, au fond de la cour des maternelles, à se faire mourir. Se faire mourir. En toute liberté. En toute inconscience. Pendant que les surveillantes papotent à l'autre bout sur un banc ou surfent sur Facebook, ma fille et ses copines jouent à se faire mourir. Elles s'empoisonnent à coup de morceaux de polystyrène qu'elles se mettent dans la bouche, elles s'attachent au grillage avec des cordes à sauter, elle disent vouloir faire mourir l'une d'entre elles. Et personne ne voit rien. Personne n'entend rien. Rien. Jusqu'à ce que les enfants s'attroupent. Jusqu'à ce qu'enfin quelqu'une daigne faire le boulot pour lequel elle est payée. Jusqu'à ce que monte à son putain de cerveau l'information de ce qu'elle a la vie de nos enfants entre ses mains. Ses putains de mains.


La première réaction de la directrice de l'école maternelle a été "ah mais ce n'était pas sous notre responsabilité, c'était pendant le temps périscolaire." Crois bien que ma première réaction à moi, je l'ai retenue et gardée bien serrée au fond de ma poche.

Malgré tout, aujourd'hui en classe une discussion a eu lieu entre les maîtresses et les enfants. Nos bébés de 3 à 6 ans à qui il faut expliquer que mourir n'est pas un jeu, mourir n'est banal malgré ce que l'actualité nous en dit. Que le danger peut être partout et même entre leurs tous petits doigts. A la maison nous avons redit, réexpliqué, déculpabilisé et alerté. Mais au fond de moi reste la trouille. De celle qui te ronge lorsque tu laisses tes enfants sans être certaine, vraiment certaine qu'ils seront en sécurité.

Je devais prendre contact avec la Mairie, cet après-midi, pour très clairement les insulter et savoir quel jour je comptais aller retourner leurs bureaux mais il le fallait, ce billet. Il me fallait le dire.  



24 février 2016

Les vacances - #jour10

Les vacances scolaires. Gros gros concept. Les vacances des enfants ont dû être inventées par des savants tordus pour fournir au monde, et surtout aux parents, un moyen de contraception totalement naturel et néanmoins bigrement efficace.

Le premier jour des congés scolaires est un joyeux bordel, où les petits s'en donnent à cœur joie pour que leur parent de garde ait l'opportunité de leur rappeler les règles existant dans la maison. C'est vrai, des fois qu'il (le parent, pas l'enfant à qui les règles sont répétées environ et à la louche 253.579 fois par jour) les ait oubliées. Ça  braille, ça chouine, ça se fight, ça pense à écrire ces putains de règles sur une affiche 4 X 3 façon Super Nanny, ça pense au verre de Crozes qu'on se servira quand ils seront enfin couchés. C'est donc une première journée bruyante, limite hystérique, qui s'écoule jusqu'à ce que le parent s'écroule (ou l'inverse) sur son canapé à 21h02, tout bourré qu'il est après absorption d'au moins 5 cl de pinard. Le genre de journée qui lui fait attendre le lendemain avec une impatience très TRÈS dissimulée.

Le deuxième jour ressemble un peu au premier, avec un poil moins de décibels. Ceci est uniquement dû au fait que le parent et les enfants se sont allègrement pétés la voix la veille, qui en poussant des cris sauvages sur sa sœur, qui en poussant des cris non moins sauvages sur les deux petits sauvages précédents.

Puis le rythme finit par être trouvé : au troisième jour et jusqu'au neuvième, on oscille entre dessins, animés ou non, parties de Lego endiablées et voûtes plantaires endommagées, une petite gueulante pour la forme et une balade au parc en mode bouquet de fleurs choupi. On a pris le temps de dresser une liste d'activités sympas à faire, liste qui peut tout aussi rapidement se transformer en liste de punitions potentielles (malin le parent). Tout semble rouler, le parent est endormi par ce semblant de calme ...

Bouquet de fleurs + thé = Paradis
 
Et PAF, arrive le dixième jour. Hashtag jour10. Hashtag cestlamerde. Hashtag sortezmoidlaputain.

Soit les enfants s'ennuient de nouveau, parce qu'ils ont fait le tour de toutes les activités et/ou punitions proposées.
Soit il fait un temps de chiottes et, combo gagnant, c'est également la Pleine Lune (véridique).
Soit et c'est pour moi l'hypothèse la plus plausible, ils ont eu neuf looongues journées pour fomenter un putain de coup d’État, avec simulation en Playmo et tout le bazar.

"Au dixième jour, tout partit en sucette" comme dirait l'Autre. Les jouets volent, les décibels atteignent un niveau digne de deux Airbus et d'une fusée Ariane en décollage simultané, les ongles se transforment en griffes (Pleine Lune faut dire, normal), les babines se retroussent, la bave dégouline et le parent de garde, voire d'astreinte, se retrouve acculé face à deux espèces de loup-garou pas graou qui cherchent la bagarre.On se croirait sur une vidéo tournée à l'iPhone sur Abrutis.com.

"Que dois-je faire ?" se demande (Omar) le parent dans la panade.
  • Solution 1 : attendre patiemment la nuit armé d'ail et d'un crucifix. Efficace ? Pas pu tester, les gousses d'ail étaient manquantes dans ma dernière commande au Drive.
  • Solution 2 : se transmuter soi-même, ça fait flipper les garous juniors et ça détend de la culotte. Problème : se retrouver ensuite avec la voix de Garou, c'est relou.
  • Solution 3 : balancer toute cette faune au lit, se faire un bon thé et attraper son crochet. A savoir que la solution 3 peut être utilisée après la solution 2. Dans ce cas-là, prévoir du miel dans le thé (pour la gorge défoncée).
Ici, on en est au dixième jour de vacances. La bouilloire siffle et j'ai 12 pelotes de laine qui traînent sur le canapé. (et j'ai mal à la gorge.) J'ai hâte qu'elles se lèvent de la sieste pour passer à autre chose et oublier le début de journée chaotique.

Mais quand même ... C'est quand la rentrée ?

Et ça ... ça me réconcilie avec le monde.


4 février 2016

La nouvelle orthograFe

J'avais prévu de publier un joli billet tout tendre sur Désirée, ses 6 mois et ses "mama" qui me font fondre d'amour (t'as vu la flaque là ? Ben c'est moi)

Et puis j'ai eu le malheur de lire les infos (comprendre : de zoner sur FB) et de m'enquérir de la nouvelle réforme de l'orthographe. Et ça m'a mis les nerfs. Mais alors grave les nerfs. Oui, cette tournure de phrase n'est pas très française, ni politiquement, grammaticalement, syntaxiquement correcte. Mais tu vois, on s'en bat les steaks parce qu'aujourd'hui en France, on nivelle par le bas et on simplifie les choses pour que les petites feignasses que l'on envoie à l'école (nos enfants donc) ne se compliquent pas trop la vie à apprendre les subtilités de notre belle, et néanmoins complexe je te accorde, langue française.

De l'excellentissime Martin Vidberg (L'Actu en patates)

Ouais, l'orthographe c'est relou, c'est à n'y rien comprendre parfois, pourquoi foutre un "ph" à la place du "f" qui est si simple, pourquoi mettre un chapeau pointu sur un i, ça ne change pas la prononciation et puis ça fait un point en moins en dictée si je l'oublie.

Eh oui mon p'tit, c'est pénible mais c'est comme ça. On n'a rien sans rien et le français, c'est comme le reste, il faut faire un effort pour l'apprendre. Moi je suis une nostalgique, une rétrograde à mort, j'aime le vintage, la tradition a souvent du bon, et les belles lettres surtout. Alors quand je vois qu'aujourd'hui nos jeunes ne savent pas même plus écrire 3 mots sans que j'ai les yeux qui saignent, que même les gens de mon âge arrivent à écrire "koi" au lieu de "quoi" (putain, tout ce temps gagné à remplacer deux lettres par une seule, wouahou, qu'est ce qu'ils vont bien pouvoir en faire !!), que presque la moitié de la Francophonie hésite à écrire "sa" ou "ça", ben vois-tu, ça me hérisse légèrement le poil (du bras, bien sûr).

Quand je vois que, par contre, notre ami Larousse s'échine à faire entrer dans son dictionnaire, temple du savoir et des vrais mots, des trucs infâmes du genre "selfie" ou "bolos" ou encore "mémériser" (tellement usité que même mon Mac me propose une correction orthographique), je me demande franchement où va ce monde, ce pays, cette génération qui ne prend plus la peine de savoir écrire et lire mais qui trouve tout le temps nécessaire pour peaufiner le duckface de son selfie - salle de bain du matin, avec le rideau de douche à fleurs qu'on essaie de camoufler derrière, et le filtre embellisseur qui te rajeunit de 10 ans (pas pratique quand on n'en a que 15).

Les apparences qui comptent tellement ne comptent-elles plus pour les mots ? Je n'aime pas les ognons, j'aime les oignons et j'insiste sur le "oua". Les nénufars ne me rendent pas bucoliques, les nénuphars si et j'y vois de jolies grenouilles dessus. Je ne m'extasie pas sur un selfie de Van Gogh mais sur son autoportrait. Je ne sais pas ce qu'est un bolos mais je n'irai pas ouvrir le Larousse pour voir, parce qu'il existe sûrement un autre mot pour le dire.

Alors me diras-tu, cette réforme on ne la fait entrer en vigueur que maintenant, mais elle a été pensée et rédigée il y a 30 ans, et puis pas par n'importe qui : par un groupe de travail de l'Académie Française, quand même. Cela signifie que déjà à l'époque on trouvait qu'il fallait changer des choses, tu chipotes avec tout, tu vois même la réforme elle est vintage. 
Certes, mais le fait est qu'on ne l'a pas mise en place jusque là. Moi, dans ma petite tête, je me dis qu'on a estimé, jusqu'à ce jour, que les petits français étaient toujours capables de s'accommoder de toutes les subtilités et bizarreries de notre langue, ou du moins qu'il n'y avait pas d'urgence. Mais si le législateur est récemment allé faire un tour sur les réseaux sociaux, il a dû 1/ perdre 10 à l'oeil droit et 9,5 à l'oeil gauche et 2/ décréter l'état d'urgence de l'orthographe. Et paf, en septembre il faudra savoir réécrire 2400 mots.

Tu me diras aussi : Spipile, tu déconnes, la réforme vise à corriger des anomalies de notre langue et pas à abaisser le niveau. Genre on écrit "interpeler" avec un seul L au lieu de "interpeller" avec deux L parce que sinon on devrait prononcer "interpéler". Ok, mais pourquoi supprimer tous les traits d'union des mots composés et les coller entre eux ? On ne parle plus de sage-femme mais de sagefemme. On joue désormais au pingpong (et au bière pong pour certains : on fait quoi, on le colle lui aussi ?) et on mange des chichekébabs (tu le sens là que la réforme date de 1990 ?).

J'ai du mal à voir l'intérêt de tout cela, et pire, on va se mélanger les pinceaux. Quelle est la bonne orthographe du mot "kakémono" (gné) ? Où je le fous mon tréma ? (j'ai bien une idée ...) Est-ce que mon sandwich sera moins bon si je pique-nique ? Tout cela va finir par une guerre sans merci entre les circonspects défenseurs du circonflexe et les partisans du moindre effort. 

Mon p'tit poulet, moi je te le dis : leur réforme, ils peuvent s'assEoir dessus.

NB : pour les curieux, et pour ne pas se contenter des articles du Huff ou de TF1, il y a le texte original ici