13 novembre 2013

Tarte au thon et à la tomate de mon enfance

Après un dernier article ma foi fort alcoolisé et pas très politiquement correct (rapport au vomi sur le tapis, tout ça), je vais tenter de me racheter une conduite et d'être un poil plus bucolique (j'ai dit bucolique, pas alcoolique, merci)

Ah, pardon :  je vais assommer le chaton qui prend mon séchoir à linge pour une via ferrata, et je reviens.

(meowwwwwwwww)

Hum. Bucolique, disais-je.

On a tous un plat qu'on chérit parce qu'il nous rappelle notre enfance. Parce qu'il éveille en nous des souvenirs, parce que si l'on ferme les yeux l'espace d'un instant, l'on se retrouve, gamin, notre serviette à carreaux rouge et blanc autour du cou, assis à la table familiale. Les odeurs, les couleurs, les saveurs sont là. Le regard malicieux de la petite sœur qui fait des bulles dans son verre d'eau, son vieux bavoir bleu tout rafistolé de scotch. Le buffet aux photos douces et tristes à la fois. La porte-fenêtre et au loin, là-bas, derrière la balançoire, l'amandier en fleurs. Je ne peux pas les voir de ma place, mais je les devine, les vignes qui bordent mon jardin et s'étendent à perte de vue. Le soleil de Provence réchauffe la cuisine et mon cœur, à moins que ce ne soit le four que Maman vient d'ouvrir. Hmm, une tarte, ma préférée. Thon, tomates, moutarde. Simple, parfaite. Ouvre les yeux.

 

LES INGRÉDIENTS :

  • une pâte feuilletée (maison ou pas)
  • 2 généreuses cuillères à soupe de moutarde
  • une boîte de 140g de thon au naturel
  • 3 tomates
  • 20cl de crème liquide
  • sel, poivre
  • 60g de gruyère râpé
  • du parmesan en copeaux
  • du basilic

LA PRÉPARATION :

Après avoir appris au chaton à voler d'un bout à l'autre de la cuisine, à défaut de l'avoir laissé voler du thon, je préchauffe mon four à 200°C.

Je fonce le moule à tarte avec ma pâte préalablement étalée, et je pique le fond à l'aide d'une fourchette.

Je badigeonne ce même fond de moutarde, et j'y dépose le thon égoutté et émietté.

Les tomates, ensuite : je les découpe en fines rondelles dont j'enlève le cœur et les pépins afin qu'elles ne rendent pas trop d'eau. Et je les dispose joliment dans le moule.

Je sale, je poivre, je répartis mes copeaux de parmesan et mon gruyère.

Enfin, je verse la crème et je parsème de basilic émincé.

J'enfourne pour 30 minutes environ.

Et un peu plus tard, en déposant le plat sur la table familiale, ma table, je regarde mes enfants. Leurs yeux rigolards, leurs sourires, les boucles blondes de l'une et la jolie frange de l'autre. Elles m'observent, et leurs regards se posent sur la tarte de mon enfance et de la leur. "Ça sent bon, Maman !" Si vous saviez ...


Ca va s'arranger ... (avec du rhum dedans)

Attention : cet article est interdit aux moins de 18 ans.

Car il paraît que l'alcool n'est pas bon pour les moins de 18 ans, voire même interdit.

A 18 ans et 1 jour, en théorie donc, tu peux te prendre la murge de ta vie, vomir tes tripes sur le tapis en laine de lama doré à trois pattes tufté main de tes parents, tu peux émerger au petit matin, vers 13h quoi, sur ce même tapis avec une haleine de fennec frelaté et articuler un pénible "merde, mais t'es qui toi ?" à la personne qui gît là, nue comme un ver(re ?), et dont les yeux disent merde, aussi, mais l'un à l'autre plutôt qu'à toi.

Mais avant ça, point d'alcool, petit fou. (Et après ça non plus, probablement.)

Bon. Jeune presque-mais-pas-encore adulte, passe donc ton chemin. Quant à toi, vieil ex-adolescent boutonneux ou pas, d'ailleurs, tu peux rester. Je te rappelle néanmoins que (en théorie) boire de l'alcool c'est mal, que (en vrai) l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, et que (bien sûr) tout est question de modération.

Tu sais quoi ? Le rhum, ça ne fait pas que parfumer la pâte à crêpes. Ça sert de base à une foultitude de cocktails bien sympathiques, et ça peut aussi s'arranger, se parfumer avec des épices pour se déguster tout seul (ou accompagné, c'est mieux).

Je tiens cette recette de mon papa, qui n'a rien d'un gars des îles, étant plutôt du type ardéchois, avec une légère touche provençale et quelques gouttes de haut-Alpin dedans. Mais bref, un soir de beuverie repas en famille où je me plaignais d'avoir soif, il m'a dit : "t'inquiète pas ma fille, ça peut s'arranger". C'est qu'il est drôle, mon papa. Et une bouteille de rhum plus tard, crois-moi, il est encore plus marrant.

Je ne lui ai pas demandé la recette le soir-même, ou du moins je ne m'en souviens pas, ni de lui avoir demandé, ni même de la recette. Enfin, maintenant si, je m'en souviens, de la recette. Profitons-en, ça ne va peut-être pas durer. Je vais l'écrire, ce sera plus sûr.

Pour une bouteille de 70cl de rhum arrangé à la Spipile and Co ...

LES INGRÉDIENTS :
  • 2/3 de rhum agricole blanc (à 50°C) soit 47 cl
  • 1/3 de sirop de sucre de canne soit 23 cl
  • 2 bâtons de cannelle
  • 1 gousse de vanille
  • une quinzaine de grains de café



LA PRÉPARATION :  

Pas bien compliquée, puisqu'il suffit de mettre tous les ingrédients dans une bouteille, de fermer, et de ... patienter. Il faut penser à l'agiter de temps à autres, c'est tout ... Au bout de 3 mois au minimum, le nectar est prêt.

Ma préparation a "infusé" 5 mois, et c'est un régal. Le rhum est ultra parfumé, et il a pris une magnifique couleur ambrée, c'est merveilleux.

A la tienne ! (et avec modération, tout ça.)