30 janvier 2014

Quand j'étais petite ...


Quand j’étais petite, je trouvais que la vie n’était pas très rigolote. Je crois que je n’avais rien compris à la vie, ou qu’on ne m’avait pas tout expliqué. Je trouvais Maman bien triste, je ne trouvais pas vraiment Papa. Je trouvais ma petite sœur jolie comme un cœur et beaucoup trop chipie pour moi. J’étais sérieuse et solitaire, rêveuse.

Quand j’étais petite, j’étais un vrai cœur d’artichaut. Il suffisait d’un sourire, j’en tombais à la renverse et éperdument amoureuse, pour toute une vie de deux semaines. J’effeuillais les pâquerettes un peu, beaucoup, mais finalement, il ne m’aimait pas du tout.

Quand j’étais petite, et que j’ouvrais ma fenêtre, je voyais des vignes à perte de vue, et la maison de ma voisine, que je n’aimais pas trop parce qu’elle avait les cheveux courts.  Juste sous mes volets, je voyais fleurir la verveine que j’avais plantée avec Maman. Si douce et si jolie. Et là-bas, baigné de soleil, l’amandier fleuri couvant de sa douceur la balançoire de mon enfance.

Quand j’étais petite, bien après le couvre-feu de 20h45, armée de ma lampe de poche et enfouie sous ma couette, je lisais Pagnol en rêvant du Canal du midi. A chaque pas dans le couloir, je jetais lumière et bouquin sous l’oreiller et retombait comme une masse, yeux mi-clos, bouche entrouverte et vaguement baveuse, simulant un léger ronflement. Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de simuler.

Quand j’étais petite, j’avais l’accent chantant, et je chantais tout le temps. Enfermée dans ma chambre, à tue-tête ou en sourdine. Sur la route des vacances, mon casque vissé sur les oreilles et cassant celles de mes parents. J’avais certains goûts aujourd’hui inavouables, envoyés par -delà le fond tout à côté du Titanic. J’enregistrais mes vocalises et ce n’était jamais parfait. Quand j’étais petite, je chantais et j’adorais ça.

Quand j’étais petite, la vie était belle, finalement.

Sur une idée relayée par Sabine, Papacube et bien d'autres ... 

28 janvier 2014

Les cheveux blancs


J’ai des cheveux blancs. Des cheveux BLANCS. Qui s’invitent dans ma chevelure brune. J’aurais pu être blonde pour tout camoufler, pour une fois j’aurais pu l’espérer. Mais de la courbe de mes sourcils aux poils de mes orteils, je suis brune. Des aisselles aux mollets, quand il fait froid, je suis chocolat. Ça tombe plutôt bien, parce que j’aime ça. Pourtant depuis quelques temps, s’y mêlent des fils d’argent. Ça aurait pu bien tomber, parce que j’aime ça, mais pas autant que le chocolat. Je n’ai que 32 ans tout rond, hier encore 31 ans, toutes mes dents, et des cheveux blancs.
Comme pour me narguer, ce sont les plus brillants et les moins filasses que je n’ai jamais eus. Des cheveux en pleine santé qui témoignent de la mienne sur le déclin. Je les arrache donc consciencieusement et un par un, je sacrifie au passage quelques jeunes congénères dont le seul tort est d’avoir un mauvais voisinage. Mine de rien, de vieux ou pas, le cheveu blanc est coriace. Il ne se laisse pas mourir comme ça, non. Il est fier, il résiste, il se bat pour sa survie. Tel le Phoenix, lorsque je tente une extermination à coup de lisseur trop chaud, il renaît de ses cendres, ou plus souvent de ses racines, et repousse immanquablement. Plus fort, plus éclatant, plus épais, se tenant droit comme un I. C’est un rebelle, un vrai. Un peu comme moi. Un guerrier. Un peu comme moi. Une tête de pioche sur ma tête de cloche.
Je n’ai pas très envie de voir se matérialiser ainsi le temps qui passe et file à toute allure. Je me tartine de crème antirides et m’hydrate à tout va, je retiens ma frange avec les barrettes multicolores de mes filles, je porte à mes poignets une montre rose fluo et des bracelets fleuris d’où se balancent joyeusement des breloques de pain d’épices. Je suis jeune, je voudrais l’être encore plus pour profiter avec toute l’insouciance de ma trentaine des moments vécus à 20 ans. Ces fils clairs dans ma crinière font ombre au tableau.
Mais au fond de moi, je les aime bien. J’en garde quelques uns, bien cachés sous des volutes brunes, qui me rappellent tout ce que j’ai vécu et qu’il est doux de vivre avec. Je suis petite et grande à la fois. Je suis une sale gamine et une maman heureuse. J’ai de chouettes gamines et je suis une femme amoureuse. Ça m’a pris du temps de m’en rendre compte et de l’accepter. Ça a pris du temps à mes cheveux blancs de pousser.

24 janvier 2014

Et si ...

Un café ?
Et si ce blog changeait un peu ? Et si on sortait de ma cuisine, et qu'on allait prendre un café ? On pourrait papoter,  de tout, de rien, de la pluie, du beau temps, de la douceur de janvier et de celle de nos enfants. On pourrait partager un bout de vie, sans farine sur le bout du nez. On pourrait passer de la cuisine à mon salon, et faire la route inverse, assurément. 

J'ai tellement de choses à dire, à écrire. J'ai bien envie de troquer, de temps en temps, ma toque contre une plume. Mon petit blog a bientôt 2 ans, et il n'en fait qu'à ma tête. 

Et si je vous invitais chez "Spipile Kitchen ... mais pas que !" ... Vous viendriez ?

22 janvier 2014

Bonne année !

Je suis un peu en retard, mais néanmoins toujours dans les temps. Ceci dit, on s'en fiche, car il n'y a pas de date de péremption quand il s'agit de souhaiter de bonnes choses aux gens. Du 1er janvier au 31 décembre, je peux bien faire ce qui me plaît.

Ce qui me plaît, c'est que 2013 soit déjà loin, très loin derrière moi. Je crois même, non, je suis sûre que j'ai poussé un 'ouf" de soulagement au 12ème coup de minuit. 2013 a été une année difficile, je tourne la page avec joie et je respire à nouveau. 2014 sera un concentré de bonheur, de rires, d'amour et, tant qu'à faire puisque l'on est dans ma cuisine, de gourmandise. 2014 sera comme ça, parce que je l'ai décidé, et que du 1er janvier au 31 décembre, je peux bien faire ce qui me plaît.

Je vous souhaite d'en vouloir autant, d'en pouvoir autant. Rien n'est facile. Mais tout est possible. J'y suis arrivée.

“Summer afternoon — summer afternoon ; to me those have always been the two most beautiful words in the English language.” (Henry James)