19 mars 2014

Mercredi

Le mercredi, c'est leur jour et c'est le mien. C'est mon jour parce que c'est le leur, c'est leur jour sans être vraiment le mien.
 
Le mercredi depuis septembre, c'est un rythme nouveau : adieu grasse mat', bonjour l'école et les dégâts. Mes petits chatons bâillent, s'étirent de tout leur long, sur le dos, sur le ventre, attendent qu'on les gratouille, grognent et donnent des coups de pattes, se lèvent enfin.
La toilette est de chat, l'appel de la gamelle est trop fort.
Les fauves rassasiés, leur manteau d'hiver sur le dos, nous détalons. Je lâche la grande parmi ses bruyants congénères, et garde avec moi ma petite minette, pour un temps encore.
La matinée passe, après elle la journée et ces moments trop courts ou très longs, selon l'humeur et la température.
 
Bientôt, bien tôt, mon mercredi ne sera plus le leur, leur mercredi ne sera plus le mien. Ce sera du chacun pour soi. Je n'aurai plus à courir, sauf après le bus. Je n'aurai plus à râler, après tout, pour rien. Un matin, je les serrerai contre mon cœur, et mon cœur se serrera. Un peu, un temps.
 
 

16 mars 2014

Un spritz avec votre café ?

Reprenons les bonnes habitudes et les rênes de ce blog. Le dimanche, c'est goûter. Et les cookies, c'est soooo 2013 (non, je plaisante, mais j'avais envie de changer. De tête aussi, d'ailleurs.)

J'adore les Sprits de notre ami Delacre. Au chocolat au lait, particulièrement. Ils sont sablés, fondants, croustillants : le tiercé gagnant. Mais voilà. On est dimanche, l'épicerie du coin est fermée. Et bon, accessoirement, je me débrouille pas trop mal aux fourneaux. Alors la toile est mon amie, j'y dégote une recette qui me semble visuellement correspondre à mes attentes, (j'éponge mon clavier), et telle une super-héroïne, je fais 4 tours sur moi-même, (je tombe, légèrement nauséeuse ... mais purée, comment fait cette saleté de Wonderwoman ???) et hop, magie, mon tablier rouge ultra-moulant remplace mon jean (non moins ultra-moulant). Je peux aller fièrement accomplir ma mission. Et arrêter de rêver ? Non, ça, non.

LES INGREDIENTS (pour 45 biscuits environ) :

250g de beurre demi-sel 
120g de sucre glace 
1 sachet de sucre vanillé 
375g de farine 
2,5 blancs d'œuf 
1 zeste de citron

LA PREPARATION :

En fait, pas besoin de super-pouvoirs. Même si bon, je viens de regarder The Avengers et que je ne serais pas contre intégrer l'équipe (graouuu Robert Downey Jr ... N'est ce pas Cranemou ?)

On préchauffe le four à 180°C.

Au robot (je viens d'écrire "au robert". Houu le lapsus) ou à la main, on mélange le beurre mou, le sucre glace, le sucre vanillé et le zeste, jusqu'à obtenir un mélange crémeux.

On ajoute les blancs d'œuf, puis la farine et on mélange jusqu'à obtenir une pâte très souple.

On fourre tout ça dans une poche à douille, et sur la plaque recouverte de papier sulfurisé, on forme ses petits serpentins, comme cela.



On enfourne, pour 15 minutes.

De jolis spritz, dorés, croustillants ... Et à la hauteur de Mr Delacre.

Pour les gourmands, on peut ensuite recouvrir la moitié inférieure de chocolat fondu, au lait ou noir, au pinceau.

Un café, un spritz. J'ôte mon super-tablier. Je fonds. Vous fondez avec moi ?





6 mars 2014

Balade

Il fait beau, cet après-midi. Le ciel est azur et sans défaut, même pas un mouton blanc qui se transformerait en licorne ou en chien à trois têtes au gré de mon imagination quelque peu débordante. Le mistral s'est chargé de faire place nette.
 
Il fait chaud. Maman a clos les volets en fin de matinée, pour garder un brin de fraîcheur qui n'existe déjà plus. Les étés en Provence ne sont pas de ceux qui vous caressent tendrement la peau, non. Ils vous la dévorent. Ils vous piquent et vous assomment sans crier gare. Les étés de ma Provence sont brûlants.
 
De ma chambre claire - obscure, j'entends le chant obstiné, entêtant, des cigales qui se prennent pour des violonistes. Les mêmes accords, sans cesse. La tête me tourne, l'espace d'une seconde. Je suis déjà partie.
 
J'attrape ma casquette des Bulls, je cours, j'envoie un baiser qui s'envole vers Maman. J'enfourche ma bicyclette bleue qui n'en est pas une. Dans ces chemins escarpés, il faut du tout-terrain. Je file à ce qui me semble être une vitesse mirobolante : parfois, la mémoire me joue des tours ... J'appuie de toutes mes forces sur les pédales pour venir à bout de cette fichue montée et atteindre enfin le chemin. Je manque de souffle, je tourne à droite.
 
Je peux enfin flâner à l'ombre des chênes - lièges, on respire mieux ici. Si j'accélère un peu, et si je lève les bras, ça fera tout frais là-dessous. Sans m'arrêter, je dépasse la maison de ma voisine et amie. Elle n'est pas là : je salue donc son chien, qui n'a de garde que le nom, à titre purement honorifique. Il est aussi haut qu'un poney, aussi doux qu'un agneau, débonnaire comme un ours en peluche, et complètement aveuglé par sa frange. Il ne me rend donc pas mon salut.
 
Je poursuis ma balade, je reprends mon souffle puis la montée. La récompense de tous ces efforts est amplement méritée, à mon goût : dans le champ, tout là-haut, les bigarreaux sont d'un rouge éclatant, juteux à souhait, sucrés à l'envi. Mes doigts, mon tee-shirt sont tâchés. Mais le crime est déjà commis, alors je m'en fiche et je me régale, jusqu'à en avoir mal au bide.
 
Il me faut repartir, déjà. La descente est facile. Je fends l'air qui siffle à mes oreilles, je suis invincible, le monde m'appartient, pour quelques instants encore. Je redeviendrai bientôt la gamine solitaire un peu gauche que je n'aime pas être. Mais je n'y pense pas. J'ai encore le goût des cerises sur les lèvres.