28 janvier 2015

33

"Ouvrez la bouche, tirez la langue, dites 33 ..." "Euh, Docteur, on ne dit pas haaaa d'habitude ?"

Non, aujourd'hui on dit 33. On sourit 33, on mange 33, on boit 33 mais un seul verre suffira. On vit 33.

Aujourd'hui je dis 33, et je suis heureuse de le dire. Des années durant j'ai appréhendé les fêtes d'anniversaire, la boule au ventre et l'envie de me planquer six pieds sous terre. Je n'avais pas envie qu'on me souhaite de passer un nouveau cap alors que je ne savais pas où j'allais. Aujourd'hui je dis 33 à qui veut bien l'entendre et je taille une route qui me paraît si belle.

Je dis 33 et c'est derrière moi, les 31 et les 32, les années qui tanguent et qui se cognent contre les murs, les gadins qu'on prend parce qu'on a fait semblant de pas voir les ornières. On se relève, on se frotte les genoux, ça a saigné mais on s'en fout, c'est fini maintenant. On enlève les petits cailloux qui se sont incrustés, faudrait pas que ça s'infecte. Pas de pansement, ça sert à rien, ça cicatrise mieux au grand air. Un bisou magique et c'est guéri.

Je dis 33 et je rêve que j'arrête de rêver, que mes 33 ans me prennent par la main et me poussent loin, loin, où l'on arrête de douter et où l'on ose enfin. Qu'ils me fassent cesser les "ce serait chouette si ..." et que ce soit chouette, demain, tout de suite, maintenant. Je dis 33 et je dépose le permis de construire mes rêves en vrai.

Je dis 33 et c'est une année compte triple, je baisse les yeux sur ce ventre déjà bien gros pour le terme, ça fait des bulles là-dedans et je suis déjà loin, loin, je suis déjà à 3, à 5, à mes mains qui ne sont plus assez mais à mon cœur et mes bras qui ne demandent qu'à se remplir un peu plus. Je suis loin devant le miroir à contempler mes cernes et mes cheveux blancs, à sourire de mes yeux fatigués à ce visage qui a simplement vécu. Je suis là devant les photos d'il y a 10 ans enviant le teint lisse et frais de la jeune fille souriante, mais pourquoi sourit-elle, elle ne connaît pas encore le bonheur absolu.

Je dis 33 et j'ai l'impression de renaître. Je me retourne et je ne regarde que le meilleur et ce qui nous fait avancer. Certaines choses sont floues, mais le reste, c'est éclatant, ce sont des rires, des sourires édentés, des premiers cris qui en ont précédé bien d'autres, des "caca-prout" et des "je t'aime fort Maman", des câlins par milliers, ce parfum de nouveau-né inoubliable et qui me chavirera encore bientôt. Ce sont des regards et de l'amour à deux parce qu'il en faut tellement pour être cinq.

Je dis 33 et que c'est chouette d'en être arrivée là.

Mon 1er cadeau © Mia Poulain



23 janvier 2015

Gâteau à l'orange très très moelleux

Mes chers amis, l'heure est grave. Je dois vous avouer un truc. Je suis atteinte du SNU, ou Syndrôme du Neurone Unique, diagnostiqué il y a quelques années par l'illustre Professeur Marie P. qui en fût elle-même souffrante.

Cette maladie, hautement handicapante bien que curable en environ 9 mois (mais parfois persistante au-delà du délai en cas de nuits pourraves), est susceptible de provoquer chez les patientes certains désordres, de type Alzheimerien (ex. : oublier tes enfants déjà existants à l'école / chez la nounou / au supermarché, mettre du sucre dans ton bœuf en daube qui mijote depuis 3h, te brosser les dents à la crème de jour sont des troubles fréquemment constatés.)

Il est donc probable que les recettes présentes depuis octobre sur ce blog ne soient pas d'une fiabilité totale. La rédaction décline bien évidemment toute responsabilité en cas de foirage dans la réalisation desdites recettes, foirage qu'elle mettra sans vergogne aucune sur le compte du lecteur qui a (forcément) mal suivi les instructions.

Cette mise au point faite, et après avoir fait fonctionner mon correcteur orthographique déjà 17 fois (autre symptôme du SNU), je m'en vais vous livrer avec une précision toute relative la recette d'un gâteau délicieux bien que totalement et scandaleusement calorique / gras / sucré (barrez les mentions inutiles) (ah ben non, y en a pas)

Un gâteau très très moelleux, très très parfumé, très très vite englouti. Un gâteau qui met du soleil dans ta maison (voui Madame), avec de bonnes oranges bio dedans. Arrosé de sirop, il est divin. Pour cette commande spéciale de mon cher et tendre pour son anniversaire, j'ai déniché sur la toile une recette qui m'a semblé parfaite - et elle l'était. J'ai modifié (volontairement, pas par oubli hein) quelques proportions, concernant les zestes et jus d'orange, qui me paraissaient un poil trop importantes. Pour le reste, c'est comme un quatre-quarts.

 Sans plus attendre, zou !

LES INGRÉDIENTS :

1/ Pour le gâteau
  • 240g de beurre mou
  • 240g de sucre
  • 4 œufs
  • 240g de farine
  • 2 cuillères à café de levure chimique
  • 3 zestes d'orange bio / non traitée
  • le jus d'1 orange 
2/ Pour le sirop
  • le jus de 2 oranges
  • 2 cuillères à soupe de sucre

EN CUISINE !

On n'oublie pas de préchauffer son four à 180°C. 

Pas de robot en tout genre, on fait bosser son poignet ici !! (mon seul sport de la journée).

On commence par mettre le beurre en pommade (beurre mou, on le travaille en une sorte de crème, avec un spatule par exemple)

On y ajoute le sucre et on fouette le tout. Puis on ajoute, un à un en incorporant bien entre chaque, les œufs.

Dans le mélange obtenu, on ajoute la farine, et la levure. On obtient un bel appareil bien lisse mais un peu dur à travailler.

C'est le moment d'ajouter les 3 zestes, puis le jus de l'orange. On mélange bien ...

On verse le tout dans un moule à manqué beurré et fariné, et on enfourne pour 40 à 50 minutes. Pour ma part, c'était 45 minutes, four à chaleur tournante.

Pendant ce temps, on fait le sirop : dans une casserole, on verse le jus des 2 oranges restantes et le sucre, et on laisse bouillir 6 minutes environ. On coupe le feu, et on laisse un peu refroidir.

On verse le sirop sur le gâteau à la sortie du four.

J'ai saupoudré d'un peu de coco râpée, et hop, quelques bougies et une chanson plus tard, c'est l'heure de la dégustation !

La gâteau tient toutes ses promesses : il est moelleux à souhait, légèrement craquant sur les bords, et si parfumé ... Au goûter, au petit-déjeuner, il est parfait.

Régalez-vous ! Il est 20h, moi je vais me coucher.

  
Il reste les trous des bougies, c'est charmant.
 



7 janvier 2015

Je suis Charlie

Ma tristesse ce soir est infinie, la boule au ventre et la gorge serrée.

Ces mots repris mille fois, scandés en silence, en signe de deuil et de rébellion, je les fais miens. Tout cela peut paraître vide de sens, mais pourtant c'est vrai : je suis Charlie.

Quand je ris, je suis Charlie.
Quand je m'exprime, je suis Charlie.
Quand je m'insurge, que je hurle, que je pleure mais qu'il vaut mieux en rire pour le supporter, je suis Charlie.
Quand je dis tout haut ce que je pense, ce qui me prend aux tripes et que j'emmerde le consensualisme et les opinions contraires, je suis Charlie. Nous sommes tous Charlie.

Dans un monde où la violence et l'intolérance n'ont de limite que la folie de ceux qui les portent, que pourrons-nous dire, écrire, dessiner, chanter, crier, sans crever, sans crever de peur pour nos gosses et l'avenir qu'on leur prépare, sans crever de peur qu'on nous achève ?

Sans liberté d'expression, nous ne sommes rien. Relégués au rang d'animaux, moutons parmi les loups.

Ce soir, des familles ont perdu leurs proches. Nous avons perdu la voix. Un instant seulement. 

Pour Charlie, pour ces gens qui se sont battus à coups de crayons, nous la retrouvons, plus forte, plus claire. Nos voix en une seule.

JE. SUIS. CHARLIE.



3 janvier 2015

Brioche des Rois provençale

C'est fou ça. On croit que les fêtes sont terminées, qu'on en a fini avec la bouffe à outrance et le gras, et paf, l’Épiphanie pointe le bout de son nez. Chez moi, à défaut d'être un truc religieux, c'est une nouvelle occasion de manger. Moi qui voulait un peu de détox, (aïe caramba), encore rrraté.

D’habitude, je suis tradi version galette à la frangipane. Pas trop tradi quand même, ayant expérimenté l'an dernier une galette poire - speculoos (que je vous ai cachée, car à mon grand désarroi ce n'était pas une réussite, trop peu parfumée à mon goût).

Cette année, je repars faire un tour dans le Sud, qui fut ma patrie d'adoption entre 3 et 14 ans, lorsque j'étais une fillette sage et timide. 

NDLR : Tout cela a bien changé, crois-moi. A 14 ans, j'ai migré malgré moi dans ma Drôme natale, et je suis devenue une ado rebelle, cheveux rouges dressés sur le crâne, anneau dans le nez, vieux baggy taille quadruple XL et imitation Vans aux pieds (non, pas de photos. J'ai dit NON !). Ouaich Madame, faudrait pas me faire ièch non plus. Bref, l'ado se cherche en écoutant du Prodigy (aïe caramba mes oreilles) mais elle finira bientôt par se trouver en écoutant du Céline Dion (putain, je l'ai dit.)

Enfin bon, c'est bien beau tout ça, mais Céline, elle sait pas faire de la brioche. Retournons dans le Sud.

Le Sud, disais-je. La Provence, le Luberon, ça sent bon la lavande, le thym et les amandiers en fleurs. Et pour l’Épiphanie, ça sent bon la brioche des Rois habillée de grains de sucre et parée de fruits confits. On y place un santon, et une fève, une vraie, le légume sec. Et on se régale.

J'ai cherché sur l'internet mondial une recette qui me plaise, tourné, viré et finalement, je suis revenue à mon ancienne recette de brioche aux pépites, que j'ai adaptée.

LES INGRÉDIENTS :
  • 350g de farine
  • 1/2 cube de levure de boulanger fraîche soit 12,5g (ou 4g de levure de boulanger sèche, soit le tiers du poids de la levure fraîche)
  • 150g de lait
  • 50g de beurre
  • 50g de sucre
  • 4g de sel
  • 1 oeuf
  • 1 zeste de citron
  • 1 cs de rhum
  • 1 cs d'eau de fleur d'oranger
Tous les ingrédients doivent être à température ambiante, afin de faciliter la bonne pousse de la pâte.

Pour le décor :
  • du sucre en grains
  • 2 clémentines
  • leur poids en sucre (après les avoir faites blanchir)
  • leur poids en eau

LA PRÉPARATION :

En machine à pain, c'est ultra simple : on met dans la cuve et dans l'ordre le lait, l’œuf, le beurre ramolli, le sel et le sucre.
On ajoute par-dessus la farine, puis la levure émiettée. 
On met la machine en route, mode pâte levée. On laisse pétrir une première fois et former une boule, puis on ajoute le zeste, le rhum et la fleur d'oranger. La machine va ensuite pétrir de nouveau et lever. On la laisse bosser jusqu'à la fin du programme (soit environ 1h30)

A la main, il suffit de faire tiédir un peu le lait (37°C maxi), et de l'ajouter à la levure. On patiente, on fouette pour faire mousser, on ajoute les autres ingrédients et on pétrit, je dirais 10 minutes environ. On met la pâte dans un saladier, on couvre d'un linge humide, et on laisse doubler de volume dans une pièce à l'abri des courants d'air (ou dans le four froid et éteint).

Pendant ce temps, on zone sur FB va confire nos clémentines. Fastoche.

On les lave bien, et on les coupe en fins quartiers, avec la peau. On va ensuite les blanchir, afin de leur ôter leur amertume. On les plonge dans une casserole d'eau froide, on porte à ébullition. Dès l'ébullition on les sort du  feu, on égoutte et on recommence : eau, ébullition, égouttage. Et une troisième et dernière fois.

Nos clémentines sont blanchies. On les pèse (ici, 175g pour 2 clémentines de jolie taille), on les remet dans la casserole et on ajoute leur poids en sucre, et leur poids en eau. Et zou, sur feu très doux, on les laisse confire pendant une bonne demi-heure, jusqu'à ce qu'elles deviennent brillantes et l'écorce légèrement translucide. C'est un peu long, mais ça se fait tout seul, pas besoin de rester scotché à sa casserole. (vous pouvez donc aller zoner sur FB, cette fois)


Lorsqu'elles sont confites, on les laisse refroidir dans le sirop. Puis on les dépose sur une grille, et on les laisse égoutter et sécher, plusieurs heures si possible.



La pâte a levé une première fois, parfait ! On la pétrit de nouveau pour la dégazer, et on la met en forme. Directement sur la tôle à pâtisserie recouverte de papier sulfurisé, ou dans un moule à savarin, on forme une couronne, assez large puisqu'elle va encore lever, avec un grand trou au centre. On place la ou les fèves (oui, je le mets en gras, parce que le nombre de fois où j'ai oublié de mettre cette p*tain de fève ... Bref.)


Et on laisse lever la couronne une bonne heure. Moi je suis une pressée. Je mets donc ma future brioche au four, en mode étuve ou avec un verre d'eau, à 40°C, pendant 30 minutes. La couronne doit avoir doublé de volume.

On dore avec un mélange composé d'1 jaune d’œuf et 1 cs de lait. Et là, deux options : 

1/ Soit on parsème de sucre en grains, et on enfourne à four froid, à 150°C pour 20 minutes environ (+ préchauffage). Après cuisson, on laisse refroidir un peu, puis on décore des clémentines confites.



2/ Soit, pour une version brillante comme la mienne, on enfourne la brioche simplement dorée à l’œuf et au lait, à four froid, à 150°C pour 20 minutes + préchauffage. Après cuisson, on badigeonne au pinceau avec le sirop des clémentines qu'on aura gardé ... Ça brille ! On parsème ensuite de sucre en grains et on dépose les tranches de clémentines, qui collent sur le sirop.

Ne reste qu'à déguster avec les enfants ... N'oubliez pas les couronnes !

Alors, c'est qui la Reine ?