24 février 2016

Les vacances - #jour10

Les vacances scolaires. Gros gros concept. Les vacances des enfants ont dû être inventées par des savants tordus pour fournir au monde, et surtout aux parents, un moyen de contraception totalement naturel et néanmoins bigrement efficace.

Le premier jour des congés scolaires est un joyeux bordel, où les petits s'en donnent à cœur joie pour que leur parent de garde ait l'opportunité de leur rappeler les règles existant dans la maison. C'est vrai, des fois qu'il (le parent, pas l'enfant à qui les règles sont répétées environ et à la louche 253.579 fois par jour) les ait oubliées. Ça  braille, ça chouine, ça se fight, ça pense à écrire ces putains de règles sur une affiche 4 X 3 façon Super Nanny, ça pense au verre de Crozes qu'on se servira quand ils seront enfin couchés. C'est donc une première journée bruyante, limite hystérique, qui s'écoule jusqu'à ce que le parent s'écroule (ou l'inverse) sur son canapé à 21h02, tout bourré qu'il est après absorption d'au moins 5 cl de pinard. Le genre de journée qui lui fait attendre le lendemain avec une impatience très TRÈS dissimulée.

Le deuxième jour ressemble un peu au premier, avec un poil moins de décibels. Ceci est uniquement dû au fait que le parent et les enfants se sont allègrement pétés la voix la veille, qui en poussant des cris sauvages sur sa sœur, qui en poussant des cris non moins sauvages sur les deux petits sauvages précédents.

Puis le rythme finit par être trouvé : au troisième jour et jusqu'au neuvième, on oscille entre dessins, animés ou non, parties de Lego endiablées et voûtes plantaires endommagées, une petite gueulante pour la forme et une balade au parc en mode bouquet de fleurs choupi. On a pris le temps de dresser une liste d'activités sympas à faire, liste qui peut tout aussi rapidement se transformer en liste de punitions potentielles (malin le parent). Tout semble rouler, le parent est endormi par ce semblant de calme ...

Bouquet de fleurs + thé = Paradis
 
Et PAF, arrive le dixième jour. Hashtag jour10. Hashtag cestlamerde. Hashtag sortezmoidlaputain.

Soit les enfants s'ennuient de nouveau, parce qu'ils ont fait le tour de toutes les activités et/ou punitions proposées.
Soit il fait un temps de chiottes et, combo gagnant, c'est également la Pleine Lune (véridique).
Soit et c'est pour moi l'hypothèse la plus plausible, ils ont eu neuf looongues journées pour fomenter un putain de coup d’État, avec simulation en Playmo et tout le bazar.

"Au dixième jour, tout partit en sucette" comme dirait l'Autre. Les jouets volent, les décibels atteignent un niveau digne de deux Airbus et d'une fusée Ariane en décollage simultané, les ongles se transforment en griffes (Pleine Lune faut dire, normal), les babines se retroussent, la bave dégouline et le parent de garde, voire d'astreinte, se retrouve acculé face à deux espèces de loup-garou pas graou qui cherchent la bagarre.On se croirait sur une vidéo tournée à l'iPhone sur Abrutis.com.

"Que dois-je faire ?" se demande (Omar) le parent dans la panade.
  • Solution 1 : attendre patiemment la nuit armé d'ail et d'un crucifix. Efficace ? Pas pu tester, les gousses d'ail étaient manquantes dans ma dernière commande au Drive.
  • Solution 2 : se transmuter soi-même, ça fait flipper les garous juniors et ça détend de la culotte. Problème : se retrouver ensuite avec la voix de Garou, c'est relou.
  • Solution 3 : balancer toute cette faune au lit, se faire un bon thé et attraper son crochet. A savoir que la solution 3 peut être utilisée après la solution 2. Dans ce cas-là, prévoir du miel dans le thé (pour la gorge défoncée).
Ici, on en est au dixième jour de vacances. La bouilloire siffle et j'ai 12 pelotes de laine qui traînent sur le canapé. (et j'ai mal à la gorge.) J'ai hâte qu'elles se lèvent de la sieste pour passer à autre chose et oublier le début de journée chaotique.

Mais quand même ... C'est quand la rentrée ?

Et ça ... ça me réconcilie avec le monde.


4 février 2016

La nouvelle orthograFe

J'avais prévu de publier un joli billet tout tendre sur Désirée, ses 6 mois et ses "mama" qui me font fondre d'amour (t'as vu la flaque là ? Ben c'est moi)

Et puis j'ai eu le malheur de lire les infos (comprendre : de zoner sur FB) et de m'enquérir de la nouvelle réforme de l'orthographe. Et ça m'a mis les nerfs. Mais alors grave les nerfs. Oui, cette tournure de phrase n'est pas très française, ni politiquement, grammaticalement, syntaxiquement correcte. Mais tu vois, on s'en bat les steaks parce qu'aujourd'hui en France, on nivelle par le bas et on simplifie les choses pour que les petites feignasses que l'on envoie à l'école (nos enfants donc) ne se compliquent pas trop la vie à apprendre les subtilités de notre belle, et néanmoins complexe je te accorde, langue française.

De l'excellentissime Martin Vidberg (L'Actu en patates)

Ouais, l'orthographe c'est relou, c'est à n'y rien comprendre parfois, pourquoi foutre un "ph" à la place du "f" qui est si simple, pourquoi mettre un chapeau pointu sur un i, ça ne change pas la prononciation et puis ça fait un point en moins en dictée si je l'oublie.

Eh oui mon p'tit, c'est pénible mais c'est comme ça. On n'a rien sans rien et le français, c'est comme le reste, il faut faire un effort pour l'apprendre. Moi je suis une nostalgique, une rétrograde à mort, j'aime le vintage, la tradition a souvent du bon, et les belles lettres surtout. Alors quand je vois qu'aujourd'hui nos jeunes ne savent pas même plus écrire 3 mots sans que j'ai les yeux qui saignent, que même les gens de mon âge arrivent à écrire "koi" au lieu de "quoi" (putain, tout ce temps gagné à remplacer deux lettres par une seule, wouahou, qu'est ce qu'ils vont bien pouvoir en faire !!), que presque la moitié de la Francophonie hésite à écrire "sa" ou "ça", ben vois-tu, ça me hérisse légèrement le poil (du bras, bien sûr).

Quand je vois que, par contre, notre ami Larousse s'échine à faire entrer dans son dictionnaire, temple du savoir et des vrais mots, des trucs infâmes du genre "selfie" ou "bolos" ou encore "mémériser" (tellement usité que même mon Mac me propose une correction orthographique), je me demande franchement où va ce monde, ce pays, cette génération qui ne prend plus la peine de savoir écrire et lire mais qui trouve tout le temps nécessaire pour peaufiner le duckface de son selfie - salle de bain du matin, avec le rideau de douche à fleurs qu'on essaie de camoufler derrière, et le filtre embellisseur qui te rajeunit de 10 ans (pas pratique quand on n'en a que 15).

Les apparences qui comptent tellement ne comptent-elles plus pour les mots ? Je n'aime pas les ognons, j'aime les oignons et j'insiste sur le "oua". Les nénufars ne me rendent pas bucoliques, les nénuphars si et j'y vois de jolies grenouilles dessus. Je ne m'extasie pas sur un selfie de Van Gogh mais sur son autoportrait. Je ne sais pas ce qu'est un bolos mais je n'irai pas ouvrir le Larousse pour voir, parce qu'il existe sûrement un autre mot pour le dire.

Alors me diras-tu, cette réforme on ne la fait entrer en vigueur que maintenant, mais elle a été pensée et rédigée il y a 30 ans, et puis pas par n'importe qui : par un groupe de travail de l'Académie Française, quand même. Cela signifie que déjà à l'époque on trouvait qu'il fallait changer des choses, tu chipotes avec tout, tu vois même la réforme elle est vintage. 
Certes, mais le fait est qu'on ne l'a pas mise en place jusque là. Moi, dans ma petite tête, je me dis qu'on a estimé, jusqu'à ce jour, que les petits français étaient toujours capables de s'accommoder de toutes les subtilités et bizarreries de notre langue, ou du moins qu'il n'y avait pas d'urgence. Mais si le législateur est récemment allé faire un tour sur les réseaux sociaux, il a dû 1/ perdre 10 à l'oeil droit et 9,5 à l'oeil gauche et 2/ décréter l'état d'urgence de l'orthographe. Et paf, en septembre il faudra savoir réécrire 2400 mots.

Tu me diras aussi : Spipile, tu déconnes, la réforme vise à corriger des anomalies de notre langue et pas à abaisser le niveau. Genre on écrit "interpeler" avec un seul L au lieu de "interpeller" avec deux L parce que sinon on devrait prononcer "interpéler". Ok, mais pourquoi supprimer tous les traits d'union des mots composés et les coller entre eux ? On ne parle plus de sage-femme mais de sagefemme. On joue désormais au pingpong (et au bière pong pour certains : on fait quoi, on le colle lui aussi ?) et on mange des chichekébabs (tu le sens là que la réforme date de 1990 ?).

J'ai du mal à voir l'intérêt de tout cela, et pire, on va se mélanger les pinceaux. Quelle est la bonne orthographe du mot "kakémono" (gné) ? Où je le fous mon tréma ? (j'ai bien une idée ...) Est-ce que mon sandwich sera moins bon si je pique-nique ? Tout cela va finir par une guerre sans merci entre les circonspects défenseurs du circonflexe et les partisans du moindre effort. 

Mon p'tit poulet, moi je te le dis : leur réforme, ils peuvent s'assEoir dessus.

NB : pour les curieux, et pour ne pas se contenter des articles du Huff ou de TF1, il y a le texte original ici